Je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite.
Mais aujourd’hui, je le sais : toute mon œuvre tourne autour d’un manque.
Un vide laissé par une présence fuyante.
Une absence fondatrice.
Mon père s’est enlevé la vie il y a plus de vingt-cinq ans.
Le choc a été si grand que je ne me souviens même pas de la date exacte.
Je me rappelle que c’était en mai.
Je me souviens du flou. De l’après.
De ce silence trop grand qu’il me fallait remplir.
Depuis, j’écris autour. Par-dessus. En dedans. À travers.
Je n’écris pas pour comprendre : il n’y a rien à comprendre.
J’écris pour rencontrer un père que je ne peux qu’inventer.
J’écris pour le rêver.

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