Un chemin de bois sillonne la tourbière. Il a été construit là pour ne pas troubler ce sol fragile, pour garder intact ce trésor. Depuis longtemps, ce lieu se tient, sans bruit, et surtout, sans nous.
Sous les planches, le sol respire, garde ses eaux immobiles, ses mousses anciennes, ses fleurs carnivores, patientes, presque invisibles. Le gris du ciel se dépose partout, adoucit les contours, ralentit le regard.
Nous avançons dans ce monde étranger, chaque pas effaçant le précédent, sans savoir où ce sentier nous conduira.
Le bois craque parfois sous nos pas. Et l’air porte une odeur de bois pourri, d’aiguilles d’épinette blanche, de champignons et d’humus.
Nous avançons encore, jusqu’à ce que marcher devienne une manière d’habiter le monde.
(Tourbière de Johnville, été 2025)

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