J’ai toujours été fascinée par ce qui passe presque inaperçu : les ombres des arbres sur la pelouse, une abeille qui disparaît dans une fleur, une fourmi qui s’aventure entre les pétales comme dans un territoire immense ou une goutte de pluie suspendue à une feuille.
D’aussi loin que je me souvienne, ce sont ces détails qui retiennent mon regard. Cette attention aux choses minuscules a sans doute façonné ma manière d’écrire.
Je crois que les histoires se cachent souvent dans ce qui semble anodin : un geste retenu, une porte laissée entrouverte, un objet que l’on conserve sans trop savoir pourquoi. Il suffit parfois de regarder un peu plus longtemps ou de faire un pas de côté pour qu’un monde entier se révèle. Cela explique peut-être aussi pourquoi je passe autant de temps à observer une fleur… qu’à déplacer une virgule que personne ne remarquera.
J’ai souvent l’impression que ce qui soutient le monde est aussi ce qu’on remarque le moins : les racines qui affleurent à la surface ou épousent patiemment le contour d’une grosse roche, le travail silencieux des insectes, les liens invisibles qui unissent les êtres entre eux et au reste du vivant.
Dans un jardin comme dans un roman, l’essentiel ne se révèle pas toujours au premier regard : il faut parfois le chercher sous la surface ou entre les lignes.

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