Ce qui tient le monde

29 Juin 2026 | Écriture, Nature

Partagez

J’ai tou­jours été fascinée par ce qui passe presque inaperçu : les ombres des arbres sur la pelouse, une abeille qui dis­paraît dans une fleur, une four­mi qui s’aventure entre les pétales comme dans un ter­ri­toire immense ou une goutte de pluie sus­pendue à une feuille.

D’aussi loin que je me sou­vi­enne, ce sont ces détails qui reti­en­nent mon regard. Cette atten­tion aux choses minus­cules a sans doute façon­né ma manière d’écrire.

Je crois que les his­toires se cachent sou­vent dans ce qui sem­ble anodin : un geste retenu, une porte lais­sée entrou­verte, un objet que l’on con­serve sans trop savoir pourquoi. Il suf­fit par­fois de regarder un peu plus longtemps ou de faire un pas de côté pour qu’un monde entier se révèle. Cela explique peut-être aus­si pourquoi je passe autant de temps à observ­er une fleur… qu’à déplac­er une vir­gule que per­son­ne ne remar­quera.

J’ai sou­vent l’impression que ce qui sou­tient le monde est aus­si ce qu’on remar­que le moins : les racines qui affleurent à la sur­face ou épousent patiem­ment le con­tour d’une grosse roche, le tra­vail silen­cieux des insectes, les liens invis­i­bles qui unis­sent les êtres entre eux et au reste du vivant.

Dans un jardin comme dans un roman, l’essentiel ne se révèle pas tou­jours au pre­mier regard : il faut par­fois le chercher sous la sur­face ou entre les lignes.

0 commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *