Le temps qu’on donne aux fleurs

25 Août 2026 | Beauté, Jardin

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Il y a quelques soirs, j’ai regardé La Mule, un film réal­isé par Clint East­wood, dans lequel il tient aus­si le rôle prin­ci­pal, à près de 90 ans.

J’ai beau­coup aimé ce film. Pour toutes sortes de raisons. D’abord parce qu’il met au cen­tre de l’histoire un homme très âgé, avec ses erreurs, ses regrets, ses con­tra­dic­tions, mais aus­si sa pas­sion pour les fleurs.

Earl est hor­tic­ul­teur et cul­tive prin­ci­pale­ment des héméro­calles. À un moment, son ex-femme lui dit qu’elle n’a jamais com­pris com­ment il avait pu con­sacr­er autant de temps et d’argent à ses fleurs.

Il lui répond qu’il les aime, qu’elles sont uniques. Elles ne fleuris­sent qu’une seule journée, puis c’est ter­miné. Elles méri­tent donc, à ses yeux, tout le temps et tous les efforts qu’il leur con­sacre.

Son ex-femme lui rap­pelle alors que sa famille les méri­tait aus­si. Ouf… Cette phrase résume à elle seule une bonne part des regrets de cet homme arrivé au soir de sa vie. On peut regret­ter cer­tains de nos choix, ten­ter de répar­er ce qui peut encore l’être, mais pas repren­dre le temps per­du.

De mon côté, je me suis telle­ment recon­nue dans l’amour d’Earl pour ses fleurs. Parce que lorsqu’on aime jar­diner, on sait à quel point tout cela peut sem­bler un peu déraisonnable. Le temps qu’on y passe. L’énergie qu’on y met. Et ne par­lons surtout pas de l’argent ! Tout ça pour une pivoine qui fleuri­ra quelques jours, pour des héméro­calles que les chevreuils dévoreront dès qu’on aura le dos tourné, ou pour une plante qui ne tra­versera même pas l’hiver. Pourquoi ? Parce que c’est beau. Parce qu’on aime ça.

Je ne vous racon­terai évidem­ment pas la fin du film, mais j’ai aimé que les fleurs accom­pa­g­nent Earl tout au long de l’histoire. Elles ne sont pas qu’un détail de son méti­er : elles dis­ent quelque chose de lui, de ce qu’il aime et de cette part de beauté qu’il con­tin­ue à chercher mal­gré tout.

Cette his­toire me restera en tête longtemps. Peut-être parce que je com­prends telle­ment bien qu’on puisse trou­ver du bon­heur dans quelque chose d’aussi sim­ple et d’aussi éphémère qu’une fleur.

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