Voilà à quoi ressemble ma chambre ces jours-ci. J’ai connu plus propice au sommeil !
Les rénovations ont pris possession des lieux (on refait le walk-in et notre salle de bain, qui ont déjà une bonne vingtaine d’années) et m’ont obligée à déménager temporairement mes pénates ailleurs dans la maison, où je me suis recréé un petit cocon pour dormir.
En regardant ma chambre ce matin, je me suis dit qu’on était tout de même assez loin de l’image de la vie d’écrivaine qu’on nous sert parfois à la télé ou au cinéma : une maison de rêve. Un bureau devant une fenêtre qui donne sur un paysage grandiose. Une tasse de café fumante. Le silence. L’inspiration qui arrive juste à temps.
En général, la vie d’écrivain est beaucoup moins spectaculaire. On écrit dans la vraie vie, avec tout ce qu’elle contient : les obligations, les imprévus, les journées trop courtes et, parfois, quelqu’un qui utilise une scie dans la pièce à côté de son bureau. Il faut apprendre à se concentrer malgré ce qui se passe autour de soi, à retrouver le fil de son histoire et à ouvrir, au milieu du quotidien, un passage vers cet autre monde qu’on est en train de construire.
Depuis deux semaines, ma vie d’écrivaine ressemble donc surtout à ceci : j’enfile mes écouteurs, je mets de la musique et, peu à peu, les marteaux, les perceuses et les conversations s’éloignent. Je retrouve mes personnages, leurs maisons, leurs préoccupations, leur monde. Et ça fonctionne étonnamment bien.
Finalement, écrire demande peut-être moins des conditions idéales qu’une certaine aptitude à faire disparaître le monde autour de soi. Je soupçonne même l’écriture d’avoir contribué à la survie de mon couple au fil de nos nombreuses rénovations !
Mais nous avons tous nos façons de nous évader. Certains jardinent, vont au gym, cuisinent, bricolent, lisent ou jouent d’un instrument. Chacun trouve sa façon de rendre le monde, pendant un moment, un peu plus douillet. Pour moi, c’est souvent l’écriture, et le jardinage, il va sans dire… Et plus j’écris, plus je constate combien il est facile de disparaître dans un monde de fiction.
Ces temps-ci, avec tout ce qui se passe autour de nous, je dois reconnaître que la tentation d’y rester quelques heures de plus est parfois grande.

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