La vraie vie d’une écrivaine

15 Août 2026 | Écriture, Réflexion

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Voilà à quoi ressem­ble ma cham­bre ces jours-ci. J’ai con­nu plus prop­ice au som­meil !

Les réno­va­tions ont pris pos­ses­sion des lieux (on refait le walk-in et notre salle de bain, qui ont déjà une bonne ving­taine d’années) et m’ont oblig­ée à démé­nag­er tem­po­raire­ment mes pénates ailleurs dans la mai­son, où je me suis recréé un petit cocon pour dormir.

En regar­dant ma cham­bre ce matin, je me suis dit qu’on était tout de même assez loin de l’image de la vie d’écrivaine qu’on nous sert par­fois à la télé ou au ciné­ma : une mai­son de rêve. Un bureau devant une fenêtre qui donne sur un paysage grandiose. Une tasse de café fumante. Le silence. L’inspiration qui arrive juste à temps.

En général, la vie d’écrivain est beau­coup moins spec­tac­u­laire. On écrit dans la vraie vie, avec tout ce qu’elle con­tient : les oblig­a­tions, les imprévus, les journées trop cour­tes et, par­fois, quelqu’un qui utilise une scie dans la pièce à côté de son bureau. Il faut appren­dre à se con­cen­tr­er mal­gré ce qui se passe autour de soi, à retrou­ver le fil de son his­toire et à ouvrir, au milieu du quo­ti­di­en, un pas­sage vers cet autre monde qu’on est en train de con­stru­ire.

Depuis deux semaines, ma vie d’écrivaine ressem­ble donc surtout à ceci : j’enfile mes écou­teurs, je mets de la musique et, peu à peu, les marteaux, les perceuses et les con­ver­sa­tions s’éloignent. Je retrou­ve mes per­son­nages, leurs maisons, leurs préoc­cu­pa­tions, leur monde. Et ça fonc­tionne éton­nam­ment bien.

Finale­ment, écrire demande peut-être moins des con­di­tions idéales qu’une cer­taine apti­tude à faire dis­paraître le monde autour de soi. Je soupçonne même l’écriture d’avoir con­tribué à la survie de mon cou­ple au fil de nos nom­breuses réno­va­tions !

Mais nous avons tous nos façons de nous évad­er. Cer­tains jar­di­nent, vont au gym, cuisi­nent, brico­lent, lisent ou jouent d’un instru­ment. Cha­cun trou­ve sa façon de ren­dre le monde, pen­dant un moment, un peu plus douil­let. Pour moi, c’est sou­vent l’écriture, et le jar­di­nage, il va sans dire… Et plus j’écris, plus je con­state com­bi­en il est facile de dis­paraître dans un monde de fic­tion.

Ces temps-ci, avec tout ce qui se passe autour de nous, je dois recon­naître que la ten­ta­tion d’y rester quelques heures de plus est par­fois grande.

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