Mon jardin enveloppé de brume

1 Juil 2025 | Nature

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Ce matin, le jardin s’est envelop­pé de brume. Tout sem­ble ralen­ti, feu­tré, comme sus­pendu dans le temps ou dans un autre monde. Les couleurs ressor­tent à peine, comme si elles rete­naient leur souf­fle.

Et pour­tant, dans cette lumière tamisée, se déploie une douceur par­ti­c­ulière, une invi­ta­tion au chu­chote­ment, à l’écoute, à ce voy­age intérieur.

Ces matins d’été me rap­pel­lent cer­tains matins d’hiver, quand le paysage se cou­vre de neige, que le silence s’épaissit et que la vie entière paraît se met­tre sur pause.

Ce silence, bien sûr, n’est jamais vide : il bruisse de mille vies, vis­i­bles ou invis­i­bles. Il suf­fit de ten­dre l’oreille. Ici, une grenouille croasse. Là, des oiseaux pépi­ent. Plus loin, les fougères frémis­sent sous le vent, tan­dis que la pluie per­le lente­ment sur les car­reaux.

Dans ces moments sus­pendus, les mots se man­i­fes­tent autrement. Ils s’approchent à pas feu­trés. D’ailleurs, c’est sou­vent sous la brume ou la bru­ine que j’écris les scènes les plus sen­si­bles, les plus intimes, celles qui appel­lent au dévoile­ment.

Peut-être est-ce cela, écrire : apprivois­er le silence jusqu’à ce qu’il se mette à par­ler.

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