Je viens de refermer La maison haute de Jessie Greengrass.
C’est un roman magnifiquement écrit. Chaque phrase semble pesée, retenue, presque fragile. Comme notre avenir, je crois.
La maison haute appartient à cette écofiction qui ne cherche pas le spectaculaire. Pas de fracas hollywoodien. Pas de fin du monde flamboyante. Seulement l’effritement. La lente montée des eaux. Les parents qui tentent de protéger leurs enfants dans un monde qui se dérègle à la vitesse grand V. Les pluies interminables ou les sécheresses tout aussi longues. Les provisions qui baissent. Les morts qui s’accumulent. Un village qui se vident.
Ce qui m’a perturbée, c’est cette impression d’impuissance avouée. Tout est bien documenté et cohérent. C’est peut-être cela qui dérange le plus : cette histoire est possible. Cette histoire, c’est peut-être même déjà la nôtre.
Le roman pose une question terrible, en filigrane : qu’est-ce que cela signifie de mettre des enfants au monde dans un tel contexte ? Bien sûr, il y a toujours l’amour. Et cette volonté de croire qu’un refuge existe quelque part, comme cette maison haute, isolée, privée du monde qui l’entourait.
Je suis sortie de cette lecture découragée, je l’avoue. Depuis, j’ai le vague à l’âme. Certaines fictions éclairent. D’autres inquiètent. Celle-ci fait les deux.
Ces textes sont difficiles à lire. Ils perturbent, remuent et ne consolent pas. Mais ils sont nécessaires.
L’avez-vous lu ?

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