La maison haute

4 Mar 2026 | Mes lectures

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Je viens de refer­mer La mai­son haute de Jessie Green­grass.

C’est un roman mag­nifique­ment écrit. Chaque phrase sem­ble pesée, retenue, presque frag­ile. Comme notre avenir, je crois.

La mai­son haute appar­tient à cette écofic­tion qui ne cherche pas le spec­tac­u­laire. Pas de fra­cas hol­ly­woo­d­i­en. Pas de fin du monde flam­boy­ante. Seule­ment l’effritement. La lente mon­tée des eaux. Les par­ents qui ten­tent de pro­téger leurs enfants dans un monde qui se dérè­gle à la vitesse grand V. Les pluies inter­minables ou les sécher­ess­es tout aus­si longues. Les pro­vi­sions qui bais­sent. Les morts qui s’accumulent. Un vil­lage qui se vident.

Ce qui m’a per­tur­bée, c’est cette impres­sion d’impuissance avouée. Tout est bien doc­u­men­té et cohérent. C’est peut-être cela qui dérange le plus : cette his­toire est pos­si­ble. Cette his­toire, c’est peut-être même déjà la nôtre.

Le roman pose une ques­tion ter­ri­ble, en fil­igrane : qu’est-ce que cela sig­ni­fie de met­tre des enfants au monde dans un tel con­texte ? Bien sûr, il y a tou­jours l’amour. Et cette volon­té de croire qu’un refuge existe quelque part, comme cette mai­son haute, isolée, privée du monde qui l’entourait.

Je suis sor­tie de cette lec­ture découragée, je l’avoue. Depuis, j’ai le vague à l’âme. Cer­taines fic­tions éclairent. D’autres inquiè­tent. Celle-ci fait les deux.

Ces textes sont dif­fi­ciles à lire. Ils per­turbent, remuent et ne con­so­lent pas. Mais ils sont néces­saires.

L’avez-vous lu ?

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