Il y a quatre jours, dans le journal Le Quotidien, je suis tombée sur un article de Marie-Hélène Jean consacré à la surenchère des fêtes d’anniversaire pour enfants. Sa lecture m’a fait réfléchir à un phénomène que l’on observe de plus en plus souvent.
Quand mes propres enfants étaient jeunes, on sentait déjà que quelque chose commençait à changer. Des compagnies de clowns apparaissaient pour animer les fêtes. Certains parents organisaient les anniversaires au McDonald’s. On sortait donc du cadre de la maison, de la simplicité.
Ces dernières années, les fêtes d’enfants semblent prendre des proportions impressionnantes : décorations thématiques, gâteaux spectaculaires, sorties dans des centres d’amusement ou ailleurs. On dirait parfois que l’anniversaire d’un enfant doit désormais devenir un véritable événement.
Plusieurs célébrations sont également organisées pour un même enfant : une à la maison, une avec les amis, une avec la famille de la mère, une avec la famille du père. S’il y a séparation ou recomposition familiale, on peut facilement en ajouter d’autres. Sans parler de la petite célébration en classe. Bref, l’anniversaire peut même s’étirer sur plusieurs semaines.
Un autre détail me surprend toujours : dans plusieurs fêtes aujourd’hui, le ou la fêtée offre aussi des cadeaux aux invités. Des sacs-surprises remplis de petites babioles pour les remercier d’être venus. Certains parents offrent même des livres ou des jeux. Je me demande bien pourquoi. Après tout, c’est l’anniversaire d’un seul enfant. Ne devrait-il pas être le seul à recevoir un cadeau à cette occasion ?
Il y a aussi une autre question que l’on aborde rarement : l’impact environnemental de tous ces achats. Cadeaux, décorations, objets éphémères, sacs-surprises remplis de petites babioles qui finiront vite à la poubelle.
Sous cet article, une lectrice a relaté que des parents avaient fait venir du sable pour transformer une partie de leur sous-sol en plage pour la fête de leur enfant. Là, j’avoue que j’ai du mal à suivre.
Quand j’étais enfant, les fêtes d’anniversaire étaient beaucoup plus modestes. Ma mère confectionnait un gâteau – il n’aurait jamais été question qu’elle l’achète. Nous recevions un cadeau. Nous invitions quelques amis à la maison – et encore, pas toujours. Voilà. Nos parrains et marraines nous offraient parfois un petit présent, mais tout cela demeurait d’une grande simplicité.
De nos jours, j’ai parfois l’impression que la fête de son enfant doit être la plus spectaculaire. Comme s’il fallait éblouir, faire mieux que l’année précédente.
Et, sans toujours s’en rendre compte, on transmet aussi quelque chose aux enfants : que c’est cela, une fête. Un moment « Pinterest », rempli d’objets, d’animations et de surprises. À ce rythme-là, je me demande presque ce qu’on fera pour leurs 18 ans… louer un stade ?
En quelques décennies à peine, nous sommes passés d’une seule petite fête toute simple à la maison à des célébrations qui se multiplient et s’étirent parfois sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Un seuil semble avoir été franchi. On a basculé dans l’exagération.
Pourquoi dépenser 500 $ – et parfois bien plus – pour une fête d’enfants ? Est-ce la pression sociale ? Les réseaux sociaux ? L’envie de faire plaisir ? La peur que son enfant soit déçu ou rejeté si la fête n’est pas aussi grandiose que celle du voisin ? Toutes ces raisons ?
Image : Freepick

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