Les fêtes d’enfants

12 Mar 2026 | Réflexion

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Il y a qua­tre jours, dans le jour­nal Le Quo­ti­di­en, je suis tombée sur un arti­cle de Marie-Hélène Jean con­sacré à la surenchère des fêtes d’anniversaire pour enfants. Sa lec­ture m’a fait réfléchir à un phénomène que l’on observe de plus en plus sou­vent.

Quand mes pro­pres enfants étaient jeunes, on sen­tait déjà que quelque chose com­mençait à chang­er. Des com­pag­nies de clowns appa­rais­saient pour ani­mer les fêtes. Cer­tains par­ents organ­i­saient les anniver­saires au McDonald’s. On sor­tait donc du cadre de la mai­son, de la sim­plic­ité.

Ces dernières années, les fêtes d’enfants sem­blent pren­dre des pro­por­tions impres­sion­nantes : déco­ra­tions thé­ma­tiques, gâteaux spec­tac­u­laires, sor­ties dans des cen­tres d’amusement ou ailleurs. On dirait par­fois que l’anniversaire d’un enfant doit désor­mais devenir un véri­ta­ble événe­ment.

Plusieurs célébra­tions sont égale­ment organ­isées pour un même enfant : une à la mai­son, une avec les amis, une avec la famille de la mère, une avec la famille du père. S’il y a sépa­ra­tion ou recom­po­si­tion famil­iale, on peut facile­ment en ajouter d’autres. Sans par­ler de la petite célébra­tion en classe. Bref, l’anniversaire peut même s’étirer sur plusieurs semaines.

Un autre détail me sur­prend tou­jours : dans plusieurs fêtes aujourd’hui, le ou la fêtée offre aus­si des cadeaux aux invités. Des sacs-sur­pris­es rem­plis de petites babi­oles pour les remerci­er d’être venus. Cer­tains par­ents offrent même des livres ou des jeux. Je me demande bien pourquoi. Après tout, c’est l’anniversaire d’un seul enfant. Ne devrait-il pas être le seul à recevoir un cadeau à cette occa­sion ?

Il y a aus­si une autre ques­tion que l’on abor­de rarement : l’impact envi­ron­nemen­tal de tous ces achats. Cadeaux, déco­ra­tions, objets éphémères, sacs-sur­pris­es rem­plis de petites babi­oles qui finiront vite à la poubelle.

Sous cet arti­cle, une lec­trice a relaté que des par­ents avaient fait venir du sable pour trans­former une par­tie de leur sous-sol en plage pour la fête de leur enfant. Là, j’avoue que j’ai du mal à suiv­re.

Quand j’étais enfant, les fêtes d’anniversaire étaient beau­coup plus mod­estes. Ma mère con­fec­tion­nait un gâteau – il n’aurait jamais été ques­tion qu’elle l’achète. Nous rece­vions un cadeau. Nous invi­tions quelques amis à la mai­son – et encore, pas tou­jours. Voilà. Nos par­rains et mar­raines nous offraient par­fois un petit présent, mais tout cela demeu­rait d’une grande sim­plic­ité.

De nos jours, j’ai par­fois l’impression que la fête de son enfant doit être la plus spec­tac­u­laire. Comme s’il fal­lait éblouir, faire mieux que l’année précé­dente.

Et, sans tou­jours s’en ren­dre compte, on trans­met aus­si quelque chose aux enfants : que c’est cela, une fête. Un moment « Pin­ter­est », rem­pli d’objets, d’animations et de sur­pris­es. À ce rythme-là, je me demande presque ce qu’on fera pour leurs 18 ans… louer un stade ?

En quelques décen­nies à peine, nous sommes passés d’une seule petite fête toute sim­ple à la mai­son à des célébra­tions qui se mul­ti­plient et s’étirent par­fois sur plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Un seuil sem­ble avoir été franchi. On a bas­culé dans l’exagération.

Pourquoi dépenser 500 $ – et par­fois bien plus – pour une fête d’enfants ? Est-ce la pres­sion sociale ? Les réseaux soci­aux ? L’envie de faire plaisir ? La peur que son enfant soit déçu ou rejeté si la fête n’est pas aus­si grandiose que celle du voisin ? Toutes ces raisons ?

Image : Freep­ick

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