On ne s’aime jamais vraiment. Ou pas assez. Ou pas comme on le devrait.
On passe des années à se comparer, à se trouver des défauts, des travers.
Trop ceci, pas assez cela. L’autre est toujours plus : plus belle, plus intelligente, plus assurée.
On scrute. On juge. On rumine des riens qui prennent toute la place : un nez trop gros, une ride trop profonde, des oreilles trop décollées. On passe notre vie à vouloir se corriger. On est toutes pareilles, ou presque…
Et puis un jour, on tombe sur une vieille photo. Dix ans plus tôt. Vingt, parfois. Et on se dit : Comme j’étais belle ! Pourquoi je ne l’ai pas vu ? Que de temps j’ai perdu à douter !
C’est toujours après qu’on réalise la beauté qu’on portait déjà. Pas celle des magazines, mais celle d’être vivante. D’avoir les yeux pleins de feu, la voix pleine d’élan, le cœur qui palpite et la tête remplie de projets.
Alors aujourd’hui, j’essaie de me voir avec les yeux du futur. Je sais que dans dix ans, je regarderai la photo que je prends de moi aujourd’hui, et que je me redirai sans doute : Tu étais belle. Et tu l’es encore.
Et comme mon amie Audrey le dit si bien : « Je ne serai plus jamais aussi jeune qu’en ce moment même. »
Alors j’essaie de faire honneur à ce que j’ai de plus beau, en cet instant même : moi.
Et doucement, jour après jour, je choisis dorénavant de résister aux diktats.

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