Retour aux sources

18 Oct 2026 | Tranche de vie

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J’ai gran­di entourée de mon­tagnes, de forêts, d’un lac sur lequel je pati­nais en hiv­er et où coas­saient les grenouilles tôt au print­emps. Notre grande terre val­lon­née de plus de cent âcres était tra­ver­sée d’un ruis­seau qui débor­dait à la fonte des neiges. Les soirs d’été, je dor­mais la fenêtre ouverte pour enten­dre le ruis­seau couler.

Un jour, j’ai choisi la ville. J’étais jeune et j’avais envie de nou­veautés, de bruits pour m’étourdir, de belles bou­tiques et de vit­rines rem­plies d’affaires.

Au fil du temps, le béton, les bou­chons, les ruées dans le métro, la ville souter­raine, les foules agglu­tinées, les cohues chez Cost­co ont fini par m’abrutir. Je ne sup­por­t­ais plus de voir les gens déam­buler dans la rue ou s’entasser dans les bus et les trains, le regard rivé sur leur cel­lu­laire. Je ne sup­por­t­ais plus la mis­ère des uns et l’ar­ro­gance des autres. Je ne sup­por­t­ais plus rien. La ville, qui m’avait tant séduite, était en train de me vider.

Il est devenu urgent pour moi de revenir à mes sources pour me retrou­ver, pour repren­dre con­tact avec ce qui m’avait forgée : les mon­tagnes, la forêt, le vent dans les peu­pli­ers et le clapo­tis de l’eau.

C’é­tait il y a dix ans. C’é­tait hier.

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