Il y a des paysages qui ne nous quittent jamais.
Ce que j’aime dans cette image, c’est qu’elle rassemble plusieurs choses qui m’habitent depuis longtemps : les fleurs, fragiles ; les rochers, ancrés ; l’eau, mouvante, et, au loin, les montagnes, comme autant de sommités qui veillent. Le petit et l’infini, dans le même regard.
Je pense à mon enfance, à ces années passées près du fleuve. Je ne savais pas encore nommer ce que je ressentais, mais je savais déjà regarder.
Je me revois passer de longs moments assise sur les rochers de la berge, à écouter le clapotis de l’eau et à suivre les bateaux du regard. Je me souviens de l’odeur, celle des algues, de la vase et du fleuve en été. Aucun écran pour venir briser ce rythme.
Cette attention à ce qui m’entoure, ce rapport à la vie se sont construits là, dans l’enfance, en explorant, en apprenant à être présente au monde, à le laisser venir à moi.
Aujourd’hui encore, je cherche ces paysages pour retrouver cet état. Ce point d’équilibre entre la présence et le retrait. Moi, nous, entre l’infiniment petit et l’infiniment grand.
À cinq ans, j’écrivais déjà.
(Photo : Fjord du Saguenay, 2025)

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