Souvenir de mon fleuve

11 Avr 2026 | Beauté, Écriture

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Il y a des paysages qui ne nous quit­tent jamais.

Ce que j’aime dans cette image, c’est qu’elle rassem­ble plusieurs choses qui m’habitent depuis longtemps : les fleurs, frag­iles ; les rochers, ancrés ; l’eau, mou­vante, et, au loin, les mon­tagnes, comme autant de som­mités qui veil­lent. Le petit et l’infini, dans le même regard.

Je pense à mon enfance, à ces années passées près du fleuve. Je ne savais pas encore nom­mer ce que je ressen­tais, mais je savais déjà regarder.

Je me revois pass­er de longs moments assise sur les rochers de la berge, à écouter le clapo­tis de l’eau et à suiv­re les bateaux du regard. Je me sou­viens de l’odeur, celle des algues, de la vase et du fleuve en été. Aucun écran pour venir bris­er ce rythme.

Cette atten­tion à ce qui m’entoure, ce rap­port à la vie se sont con­stru­its là, dans l’enfance, en explo­rant, en apprenant à être présente au monde, à le laiss­er venir à moi.

Aujourd’hui encore, je cherche ces paysages pour retrou­ver cet état. Ce point d’équilibre entre la présence et le retrait. Moi, nous, entre l’infiniment petit et l’infiniment grand.

À cinq ans, j’écrivais déjà.

(Pho­to : Fjord du Sague­nay, 2025)

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