Je vais vous faire une confidence.
J’avais réalisé plusieurs maquettes de la page couverture de Romane, et celle qui a été sélectionnée n’était pas ma préférée. Même lorsque Mylène et Elisabeth, les fondatrices de La Rocade, m’ont envoyé un courriel de deux pages ou presque pour me convaincre de choisir celle où j’apparaissais, je n’étais pas encore du tout convaincue.
D’abord parce que je trouvais l’image sombre et que j’avais envie que les lectrices et les lecteurs voient davantage la lumière présente dans cette histoire. Ensuite parce que je n’étais pas certaine de pouvoir assumer le fait d’apparaître sur la couverture d’un roman.
Mais j’ai laissé reposer l’idée.
Avec le temps, il m’est apparu que cette photo de moi ne racontait pas seulement l’histoire de Romane. Elle racontait aussi quelque chose qui traverse tout le roman : les blessures invisibles, les deuils silencieux, les questions que l’on porte en soi sans toujours pouvoir les nommer. Et oui, peut-être que cette couverture plus sombre reflétait bien la phrase qui y figure : « Personne ne sait ce que les autres portent quand la nuit tombe. »
J’ai finalement fait confiance à Mylène et à Elisabeth. Et peu à peu, j’ai apprivoisé cette page couverture. À force de recevoir des compliments à son sujet, je commence même à la trouver belle. Cette image est devenue indissociable du roman dans mon esprit.
Et lorsque je regarde cette femme devant ce bar, je ne vois plus seulement mon visage. Je vois Romane. Pas tout à fait moi. Pas tout à fait une autre. N’est-ce pas ainsi que naissent les personnages ?

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