Pas tout à fait moi. Pas tout à fait une autre.

3 Juin 2026 | Écriture

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Je vais vous faire une con­fi­dence.

J’avais réal­isé plusieurs maque­ttes de la page cou­ver­ture de Romane, et celle qui a été sélec­tion­née n’é­tait pas ma préférée. Même lorsque Mylène et Elis­a­beth, les fon­da­tri­ces de La Rocade, m’ont envoyé un cour­riel de deux pages ou presque pour me con­va­in­cre de choisir celle où j’ap­pa­rais­sais, je n’é­tais pas encore du tout con­va­in­cue.

D’abord parce que je trou­vais l’im­age som­bre et que j’avais envie que les lec­tri­ces et les lecteurs voient davan­tage la lumière présente dans cette his­toire. Ensuite parce que je n’é­tais pas cer­taine de pou­voir assumer le fait d’ap­pa­raître sur la cou­ver­ture d’un roman.

Mais j’ai lais­sé repos­er l’idée.

Avec le temps, il m’est apparu que cette pho­to de moi ne racon­tait pas seule­ment l’his­toire de Romane. Elle racon­tait aus­si quelque chose qui tra­verse tout le roman : les blessures invis­i­bles, les deuils silen­cieux, les ques­tions que l’on porte en soi sans tou­jours pou­voir les nom­mer. Et oui, peut-être que cette cou­ver­ture plus som­bre reflé­tait bien la phrase qui y fig­ure : « Per­son­ne ne sait ce que les autres por­tent quand la nuit tombe. »

J’ai finale­ment fait con­fi­ance à Mylène et à Elis­a­beth. Et peu à peu, j’ai apprivoisé cette page cou­ver­ture. À force de recevoir des com­pli­ments à son sujet, je com­mence même à la trou­ver belle. Cette image est dev­enue indis­so­cia­ble du roman dans mon esprit.

Et lorsque je regarde cette femme devant ce bar, je ne vois plus seule­ment mon vis­age. Je vois Romane. Pas tout à fait moi. Pas tout à fait une autre. N’est-ce pas ain­si que nais­sent les per­son­nages ?

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