Un ruisseau coulait sous la fenêtre de ma chambre. Il a bercé mon enfance.
J’y ai trempé les pieds mille fois. Je m’y suis baignée aussi, dans les creux, là où l’eau plongeait
Parce que ses pierres brillaient, j’ai cherché de l’or dans son lit. Je ne savais pas que j’étais déjà riche.
Au printemps, il gonflait. Malgré le froid, j’entrouvrais la fenêtre et m’endormais au bruit de son eau déchaînée.
Je le connaissais par cœur : le courant, les rochers, les reflets, la mousse glissante sur les pierres, celle dont il fallait se méfier. Rien ne m’échappait.
On était loin de tout, on avait peu d’amis, et pourtant, je ne me souviens pas de m’être ennuyée.
Tous les enfants devraient grandir près d’un ruisseau.

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