On dit que la fiction naît de l’imagination. C’est vrai. Pourtant, il me semble qu’on ne peut pas écrire longtemps sans laisser quelques morceaux de soi dans ses histoires.
Dans mon nouveau roman, Hope est la meilleure amie de Romane. Elle est celle qui répond présente lorsque tout s’écroule. Celle qui traverse les tempêtes sans s’y perdre.
Je me suis souvent demandé pourquoi ce personnage occupait une place si importante dans cette histoire. Je crois avoir compris.
J’ai déjà perdu une amie sans jamais vraiment comprendre pourquoi. Il n’y a pas eu de dispute. Pas de grand éclat. Seulement un silence qui s’est installé peu à peu jusqu’à prendre toute la place. Pendant longtemps, j’ai cherché ce que j’avais fait. Ce que j’aurais pu dire autrement. Ce que j’aurais pu réparer.
Pour être honnête, je n’ai jamais complètement tourné la page. J’ai juste appris, plus ou moins bien, à vivre avec cette absence.
Je crois aujourd’hui que j’ai créé Hope parce que j’avais besoin d’imaginer une amitié qui résiste aux tempêtes. Une amitié qui reste. Une amitié capable de traverser les chagrins, les erreurs et les années. Au fond, peut-être ai-je simplement décrit l’amitié que j’aurais aimé vivre.
Les romans nous apprennent parfois des choses sur nous-mêmes que nous ne savions pas encore. Je crois que celui-ci m’a permis de comprendre quelque chose que je portais depuis longtemps sans parvenir à le nommer.
Et lorsque des lectrices me disent qu’elles aimeraient avoir une Hope dans leur vie, je crois comprendre exactement ce qu’elles veulent dire.

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