Ce bleu-là

16 Fév 2026 | Beauté, Jardin, Nature

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Tu vois ce bleu-là ?

Je ne peux pas le saisir n’importe quand. Il appa­raît dans mon jardin le matin, autour de dix heures, quand le soleil con­sent à l’offrir. Comme une ombre lumineuse, il glisse sur la neige en longues traînées obliques.

Rien n’est lais­sé au hasard. Pour que la lumière puisse pass­er, se fau­fil­er et trac­er ce que j’appelle mes codes-bar­res du bon­heur, il faut ces arbres-là, ceux de la forêt, avec leurs troncs nus, dépouil­lés de branch­es bass­es. Il faut aus­si qu’il fasse assez froid : la neige garde alors sa tenue, sa fine bril­lance. Dès que l’air se radoucit, elle se relâche, s’alourdit, et la lumière n’y accroche plus de la même façon. Un accord doit se faire entre tous ces élé­ments pour que l’image se donne.

Je crois que c’est tou­jours ain­si. Qu’on écrive, qu’on pho­togra­phie ou qu’on peigne : on ne crée pas à par­tir du vide. On répond à ce qui est là. On se tient au bord du réel, et on attend qu’il nous tra­verse. Et quelque chose advient, ou non.

Cette image de mon jardin d’hiver n’existe que dans ce dia­logue frag­ile avec ce qui nous entoure, avec l’autre. Elle dépend de cette ren­con­tre.
C’est prob­a­ble­ment l’une des dernières fois que je peux la capter ain­si. Bien­tôt, la neige va fon­dre, et la tex­ture de guimauve avec elle, pour laiss­er place au vert.

Et cer­tains jours… j’ai très hâte, ah ah !

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