Dans le vacarme du monde, je choisis d’écrire pour apaiser.
Il m’arrive souvent de vouloir publier mes réflexions sur l’actualité, mes avis sur la politique, mes élans de colère ou de découragement devant certaines nouvelles. Les mots me viennent vite, prêts à se jeter sur la page. Mais, presque toujours, je me retiens.
Il suffit de me rappeler que mes lectrices et mes lecteurs ne me lisent pas pour revivre le fracas qu’ils subissent déjà chaque jour, mais pour trouver un espace où elles et ils peuvent respirer un peu, loin des mauvaises nouvelles et des drames.
Moi-même, je suffoque plus souvent qu’à mon tour dans le monde tel qu’il est. Alors, écrire, tout comme jardiner, devient une manière de créer un refuge, non pas pour fuir, mais pour survivre. Offrir une page ou un jardin où le silence existe encore, et où une fleur peut pousser sans être piétinée dans l’instant, voilà mon but.
Je ne nie pas la réalité. Je choisis simplement de la traverser autrement. De regarder ce qui blesse, puis de tendre la main vers ce qui apaise. De reconnaître les ombres tout en m’appliquant à allumer, phrase après phrase, de petites lumières.
Car je crois qu’au milieu des colères et des cris, il faut aussi des mots qui réparent. Et si mes livres parviennent à offrir cet apaisement, ne serait-ce qu’à une seule personne, alors mon travail aura eu un sens. Parce qu’à défaut de pouvoir changer le monde en entier, on peut encore changer le monde de quelqu’un.

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