Il est à peine cinq heures. J’ouvre la fenêtre ou la porte-patio, selon l’humeur du matin, et j’écoute : le petit ruisseau qui coule à deux pas de là ; les oiseaux qui se répondent d’un nid à l’autre ; le colibri, fidèle, qui butine ; et, au loin, le martèlement du pic-bois.
Pas un bruit de moteur. Aucune voix humaine. Juste la nature, qui chuchote que le printemps est là.
Les bourgeons de mes géants sont à peine éclos, mais, depuis plusieurs jours déjà, les narcisses, les primevères, les myosotis et les cœurs saignants me saluent.
De la fenêtre de mon bureau, j’aperçois les vestiges du petit pont de bois, qui a cédé sous le poids de la neige, l’hiver dernier.
À cette heure, tout dort encore, sauf la nature et moi, qui respire mieux dans ce silence où rien ne presse, où je me sens libre.
Il est à peine cinq heures. Tout est à sa place, dans une parfaite harmonie.

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