Je l’ai déjà dit : je n’écris pas vite.
Parce qu’écrire me prend tout : ce que je suis, ce que je ne suis pas, ce que je rêve encore de devenir.
Écrire me prend mes jours, mes nuits. Mon présent, mon passé, mon futur. Mes certitudes, mes silences, mes élans vers l’inconnu.
Les mots surgissent sans prévenir. Ils rôdent, s’imposent, grugent parfois, et consolent aussi.
Dans cet abandon, je trouve un espace que je ne trouverais nulle part ailleurs. Un lieu sans murs, sans masque. Un souffle brut. La force d’une rivière sauvage au printemps.
Écrire me prend tout entière. Et c’est là, dans ce dépouillement, que je me retrouve, au plus près de ma vérité. Parce qu’il faut parfois tout déposer pour entendre enfin ce qui résonne en nous et qui donne sens à tout le reste.

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