Sophie-Luce Morin

Écrivaine

La magie de Noël… deux mois à l’avance !

9 Nov 2025 | Illustrations, Réflexion

Partagez

Cette semaine, j’ai eu l’impression que la ville s’était réveil­lée dans un autre monde. La veille encore, les vit­rines regorgeaient de sor­cières, de cit­rouilles, de toiles d’araignées et de petits mon­stres en plas­tique. Le lende­main, Hal­loween s’était évanouie, bal­ayée par la neige arti­fi­cielle, les sap­ins enguir­landés, les angelus et les lutins taquins.

À l’épicerie, des airs de Noël flot­taient déjà dans les haut-par­leurs, tan­dis que les sacs de bon­bons se bradaient à moitié prix. Comme si, d’un coup, on avait éclip­sé la gri­saille de novem­bre pour se blot­tir dans la promesse scin­til­lante de décem­bre.

Je me suis demandé d’où venait, depuis quelques années, cette envie pres­sante de plonger si tôt dans le temps des Fêtes.

Serait-ce une manière d’oublier, l’espace d’un instant, la fragilité du monde ? Le cli­mat qui se dérè­gle, les guer­res, les men­aces de l’intelligence arti­fi­cielle ou le retour des dic­tatures…

Serait-ce pour renouer avec un cocon fam­i­li­er, celui de l’enfance, où tout sem­blait encore pos­si­ble ?

Et si ces lumières qui clig­no­tent dans nos sap­ins et dans les rues de nos villes étaient dev­enues, sans qu’on s’en rende compte, une façon de se pro­téger des soubre­sauts du monde ?

Je me suis donc lais­sée gag­n­er, moi aus­si, par cette féérie. Et j’ai dess­iné ce petit vil­lage baigné de reflets dorés, avec ses maisons ser­rées comme des siamoi­ses qui se tien­nent chaud, et ses fenêtres pleines de promess­es de joie.

Une façon de dire que, même si tout n’est pas pais­i­ble dehors, il reste ces petites flammes de ten­dresse et d’amour qui veil­lent à l’intérieur.

Finale­ment, qu’importe si c’est trop tôt pour allumer Noël, si c’est pour raviv­er en nous la beauté et la bien­veil­lance.

0 Comments

Submit a Comment

Votre adresse courriel ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *