On peut passer sa vie à chercher ce qui nous manque. On se compare, on court, on rêve d’ailleurs, on croit qu’il faut toujours plus pour être comblé. Et puis, un jour, on s’arrête, et on regarde.
Devant nous, les montagnes se tiennent là, immuables, drapées de verts aux mille nuances. La lumière glisse sur les pentes comme une caresse, révélant les cicatrices de la roche. Plus bas, une rivière presque invisible fredonne son éternel refrain, ponctué par le cri lointain d’un geai gris. Le vent descend des crêtes, frais et léger, chargé de l’odeur résineuse des pins et des épinettes.
On inspire. Ici, l’air est pur, presque sucré. Chaque battement du cœur cherche à s’accorder à la lente respiration de ce monde qui se révèle à nous.
Alors, on comprend qu’il ne manque rien. Tout est déjà là, offert. Et quand on le voit enfin, on se dépose dans le silence, comme une pierre dans le lit d’une rivière.
Ce jour-là, on cesse de courir, car on sait qu’on a déjà tout. Et qu’il n’y a rien de plus que tout.

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