Ce sentiment de perte lente ne me lâche plus. Il s’est incrusté en moi sans bruit, sans fracas, aussi furtif que le brouillard dans la forêt.
Je désespère de voir le monde attendre un sauveur, incarné en une machine miraculeuse qui captera le CO₂, une autre qui avalera le plastique des océans, qui digérera nos montagnes de déchets. Autant de technologies censées nous épargner l’effort et nous laisser croire que nous n’avons rien à changer.
Mais le sauveur véritable, ce sont nos forces réunies, nos choix quotidiens et, surtout, nos renoncements. Ce qui nous sauvera, c’est notre capacité à agir maintenant, ensemble, avant que la perte ne soit totale.
Un jour, quelqu’un boira la dernière goutte d’eau. Quelqu’un respirera la dernière bouffée d’air pur. Ce jour-là n’est pas si loin si nous continuons de faire la sourde oreille.

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