La colline en feu
L’automne s’installe doucement. Sur la colline, les arbres s’allument les uns après les autres, comme si la nature avait décidé d’embraser la forêt de mille feux. Les verts cèdent peu à peu la place aux couleurs éclatantes : ocres, jaunes lumineux, rouges ardents, orangés pétants. Toute cette beauté se reflète sur l’eau en une fresque mouvante, le lac participant lui aussi à cette grande célébration des couleurs et du temps qui s’enfuit.
Les saisons de la vie
Ce spectacle émerveille et apaise à la fois. La lumière se feutre, les journées raccourcissent. Et, dans son ralentissement, le monde semble nous inviter à trouver nous aussi un rythme plus lent, à chercher refuge au chaud pour écouter nos propres cycles de métamorphoses intérieures.
Car les saisons de la vie se succèdent à l’image de celles de la nature, parfois dans la douleur, parfois dans l’émerveillement. Elles nous rappellent que la beauté se révèle autant dans la splendeur que dans l’achèvement, et que tout, toujours, est appelé à se transformer.
L’écriture comme mouvement
L’écriture suit le même mouvement que le paysage, qui n’est jamais fixe : il change selon l’heure du jour, la lumière, l’angle d’où on l’observe. Comme chaque feuille contribue à la beauté de l’ensemble, un mot en appelle un autre, une phrase se déploie, une idée s’approfondit. Peu à peu, une page entière prend vie.
Si écrire, c’est apprendre à accueillir la mouvance et l’impermanence, c’est aussi consentir à s’arrêter, à s’asseoir au bord du quai ou ailleurs et à laisser la beauté du monde nous traverser. Ce sont dans ces moments suspendus que les idées surgissent, que les souvenirs se ravivent, que les personnages murmurent, et que les histoires naissent.
Entre douleur et joie
Mes livres sont habités par cette conviction : on peut trouver de la beauté dans ce qui se brise comme dans ce qui se noue, dans les revers comme dans les victoires, dans les aurores comme dans les crépuscules.
L’écriture, pourtant, n’apaise pas toujours. Elle peut raviver la douleur autant qu’elle peut l’adoucir. C’est justement dans cette traversée, entre blessure et apaisement, qu’elle ouvre peu à peu une voie vers la joie.
Peut-être est-ce cela, au fond, écrire : apprendre à se déposer au bord du temps pour mieux observer. Se taire un instant, écouter le silence vibrant de la colline en feu, et laisser venir les mots qui, comme les feuilles, tombent doucement pour se déposer sur la page.
Ces paysages m’aident à écrire, mais surtout à vivre. Il suffit parfois de lever les yeux vers la colline pour sentir que je ne suis pas seule : le monde entier m’accompagne, à sa manière, dans ce que j’ai à traverser et dans la façon de me raconter.
Et vous, devant quel paysage laissez-vous votre souffle s’accorder à celui du monde ?

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