Ce que le vieil arbre m’a soufflé

20 Mai 2025 | Jardin, Nature

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Voici Arthur, mon arbre rabougri. Il n’est plus droit, ni flam­boy­ant. Son écorce est crevassée, et son cœur, par­tielle­ment creux. Mais il tient encore fière­ment debout, et tout ce qui l’entoure pousse en paix.

Les jeunes arbres prof­i­tent de l’ombre qu’il dis­pense. Les oiseaux se posent sans crainte sur ses branch­es sèch­es. Et moi, je m’arrête sou­vent pour l’écouter.

Il ne par­le pas fort, mais il sait des choses que les jeunes pouss­es ignorent. Il a vécu les sécher­ess­es et les tem­pêtes. Il en garde la mémoire. Il sait que la solid­ité ne se voit pas tou­jours, et que ce qui sem­ble frag­ile est par­fois ce qui tient tout le reste.

Je me demande pourquoi nous, les humains, oublions si vite cela. Pourquoi ce qui a tra­ver­sé le temps peut-il si facile­ment devenir « gênant » ? Peut-être parce qu’en regar­dant vieil­lir les autres, c’est aus­si l’écho de notre pro­pre fini­tude que nous entrevoyons.

Nous préférons par­fois détourn­er le regard. Comme si la vieil­lesse nous rap­pelait que nous aus­si, un jour, nous ralen­tirons. Que nos corps chang­eront. Que nous porterons à notre tour les traces du temps.

Et pour­tant, cer­tains savoirs ne s’apprennent qu’en vivant longtemps. Qu’en tra­ver­sant les tem­pêtes, les deuils, les recom­mence­ments. Cer­taines formes de douceur, de patience ou de solid­ité ne s’acquièrent qu’avec les années.

Ce vieil arbre me rap­pelle que la beauté ne dis­paraît pas avec les années. Elle change de forme, de couleur. Elle devient ressource, refuge, savoir et présence ras­sur­ante.

Et peut-être que mon vieil arbre nous invite, lui aus­si, à regarder autrement. À voir ce qui demeure, plutôt que ce qui s’efface.

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