Il n’est plus droit, ni flamboyant. Son écorce est crevassée, et son cœur, partiellement creux. Mais il tient encore fièrement debout, et tout ce qui l’entoure pousse en paix.
Les jeunes arbres profitent de l’ombre qu’il dispense. Les oiseaux se posent sans crainte sur ses branches sèches. Et moi, je m’arrête souvent pour l’écouter.
Il ne parle pas fort, mais il sait des choses que les jeunes pousses ignorent. Il a vu venir les sécheresses et les tempêtes. Il en garde la mémoire. Il sait que la solidité ne se voit pas toujours, et que ce qui semble fragile est parfois ce qui tient tout le reste.
Je me demande pourquoi nous, les humains, oublions si vite cela. Pourquoi ce qui a traversé le temps devient soudain « de trop » ? Pourquoi réduit-on au silence celles et ceux qui ont tant à transmettre ?
Ce vieil arbre me rappelle que la beauté ne disparaît pas avec les années. Elle change de forme, de couleur. Elle devient ressource, refuge, savoir et présence rassurante.
Et peut-être que mon vieil arbre nous invite, lui aussi, à regarder autrement. À voir ce que les êtres portent encore, plutôt que ce qu’ils auraient cessé d’être.

0 Comments