Sophie-Luce Morin

Écrivaine

Certaines amitiés meurent sans éclat

21 Mai 2025 | Réflexion

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Cer­taines ami­tiés meurent sans éclat. Pas de dis­pute. Pas de drame. Comme un fil qui casse, sans bruit. Nos mes­sages restent sans réponse. Et la chaise, au petit café où l’on se don­nait ren­dez-vous, demeure inoc­cupée.

On essaie de ne plus y penser, bien sûr. De se dire que c’est du passé. De ranger le sou­venir dans un coin dis­cret, pour qu’il se taise. Mais c’est comme quand on dit : « Ne pense pas à un éléphant rose. » Et bien sûr… c’est pré­cisé­ment à cela qu’on pense.

L’absence revient. Pas chaque jour, mais sou­vent. Elle s’invite au détour d’une chan­son, d’un rire, de la chaise vide en face de nous, au petit café.
Il y a la rup­ture qui fait mal… et le mys­tère qui l’entoure, encore plus. Ne pas savoir pourquoi. Ne pas com­pren­dre ce qu’on a fait. Ou peut-être n’a‑t-on rien fait ? Et si cette rup­ture n’avait rien à voir avec nous ? Com­ment savoir quand l’autre choisit le silence plutôt que l’explication ?

Cer­taines blessures ne hurlent pas. Elles s’installent douce­ment, comme une chaise vide qu’on ne cesse de pleur­er.

Et puis un jour, sans qu’on sache com­ment, on s’assoit un peu plus loin, ou à la table d’un autre café. Et dans ce nou­v­el espace, quelque chose d’inattendu advient.

On n’oubliera jamais. Mais une forme de paix s’installe.

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