Certaines amitiés meurent sans éclat. Pas de dispute. Pas de drame. Comme un fil qui casse, sans bruit. Nos messages restent sans réponse. Et la chaise, au petit café où l’on se donnait rendez-vous, demeure inoccupée.
On essaie de ne plus y penser, bien sûr. De se dire que c’est du passé. De ranger le souvenir dans un coin discret, pour qu’il se taise. Mais c’est comme quand on dit : « Ne pense pas à un éléphant rose. » Et bien sûr… c’est précisément à cela qu’on pense.
L’absence revient. Pas chaque jour, mais souvent. Elle s’invite au détour d’une chanson, d’un rire, de la chaise vide en face de nous, au petit café.
Il y a la rupture qui fait mal… et le mystère qui l’entoure, encore plus. Ne pas savoir pourquoi. Ne pas comprendre ce qu’on a fait. Ou peut-être n’a‑t-on rien fait ? Et si cette rupture n’avait rien à voir avec nous ? Comment savoir quand l’autre choisit le silence plutôt que l’explication ?
Certaines blessures ne hurlent pas. Elles s’installent doucement, comme une chaise vide qu’on ne cesse de pleurer.
Et puis un jour, sans qu’on sache comment, on s’assoit un peu plus loin, ou à la table d’un autre café. Et dans ce nouvel espace, quelque chose d’inattendu advient.
On n’oubliera jamais. Mais une forme de paix s’installe.

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