Chaque année, mon petit lilas sur tige m’offre une floraison abondante. Son parfum envahit l’air, attirant papillons et autres insectes butineurs. Le spectacle dure deux semaines, tout au plus. Parfois, il m’offre le cadeau d’une seconde floraison, plus discrète, et jamais aussi éclatante.
Ce petit lilas me rappelle que la vie n’est pas faite pour être maîtrisée, mais habitée. Que les moments ne peuvent être figés que sur une image. Que certaines présences ne peuvent être retenues. Que toute chose a une fin. Et surtout, que rien, absolument rien, ne peut se revivre à l’identique.
Le jardin ne promet rien d’éternel. Il donne, puis reprend. Il surprend et bouleverse parfois, mais jamais pour longtemps. Chaque plante suit son rythme. Certaines refleuriront l’an prochain. D’autres s’éclipseront en silence, emportées par un hiver trop rude. C’est ce qui rend chaque floraison si précieuse : on ne sait jamais si ce sera la dernière.
La nature m’enseigne que tout est passage. Que la beauté se mesure moins à la durée qu’à l’intensité du regard qu’on pose sur elle. Et qu’il ne faut pas attendre demain pour s’émerveiller, pour sentir et accueillir ce qui se présente. Il y a, dans cette prise de conscience, une forme de sérénité inattendue. Elle libère de l’illusion du contrôle, ramène à l’ici et maintenant et invite à savourer chaque chose pour ce qu’elle est.

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