De l’aube bleue à l’heure dorée,
tu traverses un jour qui t’échappe déjà.
Tu attends.
Un signe, peut-être,
son nom ou le tien, murmuré
depuis la lisière encore tremblante.
La forêt te garde,
immobile ;
les réponses reposent déjà
dans l’écho du vent froid
qui franchit la clairière avant toi.
Les pierres dressent un pont fragile
au-dessus du ruisseau grelotant,
un seuil discret
vers l’envers du monde.
La résine embaume,
un souffle agite les branches,
un oiseau pépie –
seul témoin de ton pas retenu.
Le monde s’éveille
dans la lenteur du matin
ou du soir.
Qu’importe.
Tu me dis :
« Je t’attends demain. »

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