En mai, les couleurs du paysage se confondent. Le vert tendre s’accorde à l’ocre. Le doré s’invite dans les jeunes feuillages. Les bourgeons hésitent, encore frileux, comme s’ils portaient en eux la mémoire de l’automne.
En marchant hier soir, j’ai regardé le paysage, et j’ai douté. Était-ce le printemps qui s’épanouissait enfin, ou l’automne qui, un instant, revenait sur ses pas ?
Peut-être qu’au fond, il n’y a pas de frontières si nettes entre ces deux saisons, comme entre celle de la vie et celle de la mort.
Alors j’ai ralenti, pour m’imprégner du moment et observer la lumière glisser doucement entre les arbres. Et j’ai compris que rien ne s’achève vraiment et rien ne commence tout à fait.

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