Sophie-Luce Morin

Écrivaine

Êtes-vous otrovert.e ?

25 Sep 2025 | Réflexions éparses

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Intro­ver­tis, extraver­tis… et si on sor­tait du cadre ?

On con­naît les intro­ver­tis, tournés vers l’intérieur. On con­naît les extraver­tis, qui s’épanouissent au cœur du groupe. Mais le psy­chi­a­tre renom­mé Rami Kamin­s­ki pro­pose un troisième terme : les otro­verts.

Un mot qui n’existe pas (encore) en français

Le con­cept n’a pas encore été fran­cisé. La forme la plus logique, en français, à l’image d’introverti et d’extraverti, serait sans doute otover­ti. Mais le sens demeure le même : ces per­son­nes qui, même entourées et appré­ciées, ne se sen­tent jamais totale­ment à leur place dans un groupe.

Ni timides, ni accros à la foule

Con­traire­ment aux intro­ver­tis, ils ne sont pas timides ni réservés. Con­traire­ment aux extraver­tis, ils ne s’épanouissent pas dans la foule. Sou­vent appré­ciés, par­fois même pop­u­laires, les otover­tis priv­ilégient les échanges authen­tiques aux grandes assem­blées et puisent leur créa­tiv­ité dans l’indépendance. Dès qu’ils se retrou­vent au sein d’un vaste groupe, un sen­ti­ment de dis­tance, voire d’étrangeté, s’installe.

La force d’un pas de côté

Dans une société qui val­orise avant tout l’appartenance et la con­for­mité, les otro­verts ont sou­vent tra­ver­sé leur vie en se sen­tant incom­pris. Kamin­s­ki mon­tre pour­tant que ce « pas de côté » est un atout pré­cieux : il per­met de se libér­er de la pres­sion de plaire et de rester pleine­ment soi-même.

Lire pour mieux se recon­naître

The Gift of Not Belong­ing est une invi­ta­tion à recon­naître et célébr­er cette sin­gu­lar­ité. Un guide lumineux pour trans­former le sen­ti­ment de « ne pas appartenir » en une source de lib­erté et de force intérieure. Je ne l’ai pas encore lu, mais il est déjà sur ma liste, et j’ai bien hâte de m’y plonger pour en savoir plus sur ce con­cept.

Quand les mots devi­en­nent un miroir

Décou­vrir ce mot a été pour moi une révéla­tion. Enfin, un terme posé sur une réal­ité longtemps indi­ci­ble. D’aussi loin que mes sou­venirs remon­tent, je marche à côté du groupe, en léger décalage, comme si j’étais spec­ta­trice d’une scène qui se joue devant moi. J’ai sou­vent eu l’impression de vivre comme une pas­sagère venue d’ailleurs, inté­grant les groupes sans jamais m’y fon­dre et même, sans tou­jours en com­pren­dre les règles du jeu. Et c’est dans la foule que ma soli­tude s’est tou­jours faite la plus lourde, aus­si fidèle qu’une ombre qui me suis partout.

Se dire enfin : otover­tie

Alors oui, je me décou­vre otoverte. Et je peux dire aus­si : je suis une otover­tie. Quel soulage­ment de met­tre enfin des mots sur ce que je ressen­tais depuis tou­jours !

Et vous, est-ce que vous vous recon­nais­sez dans ce por­trait ? Moi : telle­ment !

1 Comment

  1. Marie-Pierre Laens

    Je me retrou­ve totale­ment dans cet arti­cle. Avec une préférence mar­quée pour les rela­tions vraies, le partage dans sa vul­néra­bil­ité. On n’a pas besoin de bruit. Et cette diver­gence crée l’e­space néces­saire pour créer.

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