Il devait être un peu plus de huit heures. Le souffle encore rythmé par ma course matinale dans le parc, je me suis arrêtée, saisie par la lumière douce qui glissait entre les feuillages.
Devant moi, ce champ de fougères, dressées comme des promesses et, derrière elles, une talle de populage des marais aux fleurs pétantes. Tout au fond, des arbres tendaient leurs branches vers le ciel laiteux. Un instant suspendu, offert sans cérémonie.
Demain, ce ne sera déjà plus pareil. Les fougères auront sans doute déplié leurs spirales. Le vert sera plus dense, partout. La lumière, aussi, sera autre. Le tableau aura changé.
La nature ne se répète jamais tout à fait. Chaque jour, elle peint autre chose. Elle murmure que la vie avance à petits pas, souvent sans bruit. Que tout change, parfois même à notre insu.
Cette impermanence nous enseigne que l’équilibre est mouvance ; que le vivant est fragile et précieux.

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