Sophie-Luce Morin

Écrivaine

Je cours dans la forêt

27 Mai 2025 | Nature

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Je cours dans la forêt pour me rap­procher de la rumeur du ruis­seau, de ce qui pousse en silence, des herbes folles dansant au vent et des échos d’oiseaux se répon­dant d’un arbre à l’autre.

Je cours dans les sen­tier caill­ou­teux pour me rap­pel­er que la beauté est là, offerte, mais jamais acquise.

Je cours pour ne pas céder à la peur et à cette fatigue du monde que j’ai par­fois l’impression de porter sur mes épaules. Parce que tout va trop vite : la tech­nolo­gie, les gens et le flot des nou­velles som­bres.

Je cours pour stop­per la pro­jec­tion d’un avenir qui chan­celle et auquel j’assiste en témoin qua­si impuis­sante.

On nous claironne que la Terre est en dan­ger. Mais la nature sur­vivra aux mal­trai­tances de l’homme. Elle repren­dra ses droits, ain­si qu’elle l’a tou­jours fait.

C’est plutôt l’humain qui devrait crain­dre pour sa survie. L’humain, avec ses excès, ses aveu­gle­ments, ses élans lumineux autant que ses folies. Qu’adviendra-t-il de nous ?

Je cours dans la forêt pour rester con­nec­tée à cette nature qui me porte durant les jours creux. Je veux m’assurer que le vivant est tou­jours là, à portée de main, à portée de cœur. Je veux côtoy­er de près ce qui résiste pour mieux l’imiter. Je suis un gingko bilo­ba, une fougère, une méduse…

Je suis de celles qui tien­nent, envers et con­tre tout.

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