Je cours dans la forêt pour me rapprocher de la rumeur du ruisseau, de ce qui pousse en silence, des herbes folles dansant au vent et des échos d’oiseaux se répondant d’un arbre à l’autre.
Je cours dans les sentier caillouteux pour me rappeler que la beauté est là, offerte, mais jamais acquise.
Je cours pour ne pas céder à la peur et à cette fatigue du monde que j’ai parfois l’impression de porter sur mes épaules. Parce que tout va trop vite : la technologie, les gens et le flot des nouvelles sombres.
Je cours pour stopper la projection d’un avenir qui chancelle et auquel j’assiste en témoin quasi impuissante.
On nous claironne que la Terre est en danger. Mais la nature survivra aux maltraitances de l’homme. Elle reprendra ses droits, ainsi qu’elle l’a toujours fait.
C’est plutôt l’humain qui devrait craindre pour sa survie. L’humain, avec ses excès, ses aveuglements, ses élans lumineux autant que ses folies. Qu’adviendra-t-il de nous ?
Je cours dans la forêt pour rester connectée à cette nature qui me porte durant les jours creux. Je veux m’assurer que le vivant est toujours là, à portée de main, à portée de cœur. Je veux côtoyer de près ce qui résiste pour mieux l’imiter. Je suis un gingko biloba, une fougère, une méduse…
Je suis de celles qui tiennent, envers et contre tout.

0 Comments