La pluie tambourine depuis des jours. Elle détrempe les jardins et ruine les plans. On se plaint, on soupire, on réclame le soleil comme une délivrance.
De la fenêtre de mon bureau, à l’abri du vent et du froid, je regarde la pluie tracer des sillons sur les vitres.
Et je pense à ceux qui n’ont plus de toit. À ceux pour qui la pluie est une menace pour la sécurité, la santé et parfois même la vie. À ceux qui dorment sous les bombes, ou fuient des pays brûlés par la guerre ou la sécheresse.
Je pense à ceux pour qui l’eau n’est pas un désagrément, mais un mirage. À ceux pour qui la pluie ne vient jamais. À ceux pour qui chaque goutte serait une bénédiction.
Je pense aussi à ceux pour qui la pluie n’est même plus un sujet de préoccupation, happés qu’ils sont par la guerre, la famine, l’exil ou l’effondrement. Et pour eux, le simple inconfort d’une météo décevante serait un luxe inespéré.
Je me dis qu’il faut apprendre à accueillir les jours gris. Apprendre à ne pas les maudire. Parce qu’ils font partie de l’équilibre du monde. Et qu’ils nous rappellent, même si cela nous dérange, tout ce que nous avons, et tout ce que d’autres n’ont pas ou plus.
Quand j’ai envie de chialer, je me rappelle le privilège que j’ai de pouvoir dire : « Il pleut encore. »
Enfin, j’essaye de ne pas me plaindre. Mais ça ne marche pas toujours, ah ah !

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